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Article: 5 raisons pour lesquelles vos scans argentiques paraissent plats, et comment y remédier

5 raisons pour lesquelles vos scans argentiques paraissent plats, et comment y remédier

5 raisons pour lesquelles vos scans argentiques paraissent plats, et comment y remédier

Ne vous contentez plus de scans grisâtres : le guide essentiel pour des rendus argentiques riches et dimensionnels.

Temps de lecture : 10 minutes

Comparaison avant-après de la retouche d'une photo argentique 35mm d'un coucher de soleil sur un pont de bateau.

Comparatif de scan : scan Club 35 à gauche, scan automatique plat à droite.

Pour de nombreux photographes, le moment où l’on reçoit ses scans de films est souvent celui de la déception : des images grises, ternes, dépourvues de la profondeur que l’œil percevait dans le viseur. Ce qui ressemble au premier abord à une mauvaise image se révèle bien souvent être un problème de numérisation. Contraste faible, tons moyens aplatis, couleurs fades ou instables malgré des retouches minutieuses : lorsque le scan manque dès le départ de structure tonale, la post-production devient un travail de compensation plutôt que de raffinage, et le potentiel du négatif est déjà limité.

Cet article explore les raisons pour lesquelles les scans paraissent plats, en examinant les choix de l’opérateur, le traitement automatisé et le remède souvent négligé : le profil colorimétrique. Nous expliquerons pourquoi la calibration manuelle est essentielle, et comment un flux de travail de scan attentif et entièrement maîtrisé, tel que nous le pratique chez Club 35, permet de conserver toute la plage dynamique des films et d’obtenir des rendus constants.

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Traiter un film couleur comme du numérique

La plupart du temps, le manque de relief dans les scans prend racine dès la prise de vue. Le film négatif couleur tolère beaucoup mieux la surexposition qu’un capteur numérique, et pourtant, nombreux sont les photographes qui reproduisent des habitudes numériques, mesurant la lumière pour protéger les hautes lumières comme si le film réagissait comme un capteur.

Cette approche produit des négatifs aux ombres faibles, laissant au scanner trop peu d’informations pour restituer des noirs profonds et des tons moyens bien définis. Lorsque les ombres manquent de densité, le scanner doit les amplifier, ce qui accentue le grain et le bruit, tout en compressant la séparation tonale, résultat : les noirs sont écrasés et les tons moyens appauvris. Les négatifs à faible densité obligent également le scanner à étirer sa courbe tonale, aplatissant encore les tons moyens, ce qui a pour conséquence immédiate de réduire la dynamique générale.

La solution commence dès l’exposition : privilégier les ombres, accepter une certaine générosité dans les hautes lumières et exposer vers l’extrémité la plus dense de la latitude du film. En alimentant délibérément les ombres, on fournit au scanner de véritables informations physiques, créant une variation de densité suffisante pour capter les subtilités des tons moyens et des ombres. Bien exposées, ces zones permettent au scanner de restituer des transitions tonales fluides, des couleurs saturées et un véritable sentiment de profondeur.

En résumé, traiter le film comme du numérique mène presque toujours à des scans plats. À l’inverse, respecter la réponse propre de la pellicule et accorder de l’attention à l’exposition des ombres donne au scanner la matière nécessaire pour produire des images riches et nuancées.

Comparaison de densité de négatifs argentiques : à gauche un film sous-exposé presque transparent, à droite un film bien exposé avec des détails visibles.

Négatif avec peu de densité à gauche, négatif correctement exposé à droite.

Profils de scanner et décalage esthétique

Même avec un négatif correctement exposé, un scan peut paraître plat si le profil de scanner du laboratoire ne correspond pas à l’esthétique attendue. Le scanner ne se contente pas de copier le négatif : il l’interprète à l’aide de courbes tonales et de réglages colorimétriques prédéfinis. Certains systèmes sont calibrés pour produire un contraste marqué, des noirs profonds et des couleurs saturées, tandis que d’autres privilégient la neutralité et la douceur.

Appliquer un profil neutre à un négatif déjà peu dense, ou dans un contexte où le photographe attend un rendu plus riche et dynamique, peut conduire à un résultat terne, même lorsque l’exposition d’origine est parfaite. Au-delà du matériel, les profils et l’automatisation des laboratoires comptent : certaines structures scannent délibérément de manière très neutre afin de préserver toutes les informations exploitables. Cette approche protège les détails des hautes lumières et des ombres, mais elle produit souvent des fichiers aux tons moyens plats et aux contrastes faibles, donnant un rendu global terne et peu structuré. Communiquer ses préférences, fournir des fichiers de référence et demander un scanner ou un profil colorimétrique spécifique peut donc transformer radicalement le résultat.

Comparaison de scans de film argentique : le scanner Fujifilm Frontier (gauche) avec des tons chauds et lumineux versus le scanner Noritsu (droite) avec des contrastes plus profonds.

Frontier à gauche, Noritsu à droite : différents rendus de scan. Photographié par Jan Scholz.

Quand l’automatisation écrase contraste et couleurs

Les routines automatiques simplifient les flux de travail à volume élevé, mais au prix de l’esthétique. Les corrections automatiques des laboratoires visent souvent un histogramme équilibré plutôt qu’une courbe tonale dynamique, éclaircissant les ombres, compressant les hautes lumières et neutralisant les tons moyens pour satisfaire des métriques objectives.

Lorsqu’un traitement automatique interprète un choix créatif comme une aberration, il ramène la courbe tonale vers un point médian. Ce lissage supprime micro-contraste et saturation, deux éléments qui font la singularité des images argentiques. Pour préserver l’aspect naturel du film, il est souvent préférable de demander un scan « brut » ou minimalement corrigé.

Chez Club 35, ce principe est au cœur de notre processus : nous travaillons toujours à partir des fichiers natifs générés directement par le scanner, afin de disposer de l’intégralité des informations contenues dans le négatif. Cette méthode restitue la plage dynamique complète et nous donne la possibilité de créer une colorimétrie conforme à l’intention du photographe, qu’il s’agisse de sublimer les caractéristiques naturelles du film ou de respecter sa vision personnelle. Travailler directement sur le fichier natif offre davantage de données, garantissant que contraste, séparation des couleurs et profondeur tonale soient conservés et optimisés, sans avoir à deviner ce qui a été perdu par les corrections automatiques.

Processus de numérisation avec le Fujifilm Frontier SP3000 : insertion du négatif, utilisation du clavier de commande et interface logicielle de gestion des couleurs.

Flux de travail manuel sur scanner Frontier.

Le rôle du profil colorimétrique

Le profil colorimétrique est un outil pratique qui contrôle la traduction des informations physiques du négatif en image à l’écran ou sur papier. Un profil personnalisé adapte le rendu brut du scanner aux couleurs et tons souhaités par le photographe, assurant une constance du contraste, de la saturation et de l’équilibre colorimétrique d’un rouleau à l’autre.

Partir d’un profil bien calibré permet d’obtenir un contraste de film fiable et des couleurs réalistes, sans supposer ni retoucher de manière excessive. Les calibrations automatiques, généralisant les rendus sur différents films et conditions de lumière, sacrifient précision et contrôle esthétique. La calibration manuelle, qui sous entend d’ajuster le scanner sur des images de référence et les indications du photographe, produit des résultats plus constants et prévisibles.

Concrètement, cela signifie que chaque scan nécessite seulement une retouche subtile plutôt qu’une correction massive. Quand un laboratoire rend un scan plat ou gris, restaurer couleur et contraste devient souvent impossible sans compromettre la qualité, car l’information a déjà été perdue. L’accès direct au fichier natif, combiné à un profil sur mesure, constitue donc la base technique de couleurs justes et vibrantes.

Pour un photographe confronté à des scans plats ou gris, la mise en place d’un profil colorimétrique individualisé constitue l’étape suivante vers des couleurs équilibrées et dynamiques, sans post-traitement destructif.

Photographies argentiques d'été par Club 35 : à gauche, des enfants jouant sur une barque au bord d'une rivière ; à droite, portrait rapproché d'une femme à la lumière naturelle.

Développé et scanné par le laboratoire Club 35. Photographié par Manon Lheureux et Serena Lutton.

Calibration manuelle versus automatique

La calibration automatique peut être utile dans certains flux de travail : rapide et cohérente, elle produit des résultats acceptables pour de nombreuses situations. Mais elle applique les mêmes réglages à chaque rouleau, traitant tous les négatifs de manière identique et effaçant parfois les qualités uniques de chaque pellicule.

La calibration manuelle consiste à ajuster avec soin la réponse du scanner pour correspondre aux images de référence et au goût personnel du photographe. Plus longue et légèrement plus coûteuse, elle garantit néanmoins que chaque rouleau soit scanné avec un équilibre colorimétrique précis, des nuances tonales respectées et un soin réel.

Le profil sur mesure préserve la relation entre hautes lumières et ombres, protège le micro-contraste et respecte la palette intrinsèque du film. Concrètement, cela réduit les corrections lourdes, offre des tirages plus fidèles et permet d’aborder la retouche d’un scan comme un affinage du rendu, plutôt que comme une tentative de compensation.

Comparaison entre un scan Club 35 (droite) avec des couleurs riches et un scan plat standard (gauche) montrant un rendu plus terne sur une photo de mode urbaine.

Scan automatisé et plat à gauche, scan avec profil colorimétrique manuel Club 35 à droite. Photographié par Agathe Karsenti.

Les scans plats sont rarement dus à un seul facteur. Ils résultent le plus souvent d’un ensemble de paramètres, depuis l’exposition jusqu’au type de scanner utilisé, en passant par le recours plus ou moins important à l’automatisation au détriment du jugement humain. Résoudre ce problème exige une attention à chaque étape : exposer pour plus de densité dans les ombres, choisir un laboratoire dont les profils de scanner correspondent à votre esthétique, et privilégier la calibration manuelle lorsque la précision compte.
Le profil colorimétrique n’est pas une énigme : c’est un outil pratique. Pour celles et ceux qui recherchent des contrastes justes et un traitement des négatifs pensé comme un travail d’ajustement fin et précis, la solution la plus efficace reste de collaborer avec un laboratoire qui pratique la calibration manuelle et qui s’appuie sur des profils de référence ajustables. Cela limite considérablement les corrections nécessaires par la suite.

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